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Message non lude xarelto » 27 Oct 2017, 19:49

Salut à tous, je me pose une question : êtes-vous nombreux à induire seul en salle , avec l'aide de l'IBODE si besoin, le MAR dans une autre salle?
Et si oui qu'en pensez-vous et combien gagnez vous ?
Sujet épineux... :mmmmm:
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Message non lude chirac » 27 Oct 2017, 21:06

je suis en chu et non jamais.
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Message non lude Bruno huet » 28 Oct 2017, 10:28

Pour ce qui est de ma petite expérience

A l'hôpital
Hier oui très souvent pour les interventions de patients ne posant pas de problèmes.
Aujourd'hui Très rarement.

En clinique
VPA faite en SSPI avant passage en salle.
Oui, tu gères une salle sous la responsabilité d'un MAR qui travaille sur une autre salle.
Tu fais appel à lui lorsque tu en as besoin.
Le MAR te donne parfois des consignes particulières.

Voilà voilou mon ami
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Message non lude Yves Benisty » 28 Oct 2017, 22:35

Oui, ça m'est arrivé. Pas seul en salle (il y a une ibode), et avec un mar pas loin. Par exemple, pour des IVG. La patiente tient son masque, elle a eu un paracétamol branché avant d'entrer en salle, injection de 0,1 µg/kg de sufentanil, et une fois que le drapage est terminé et que l'opérateur est prêt, 120 à 160 mg de propofol. Quand elle lâche le masque, subluxation et début de l'intervention, pas de ventilation. Injection d'oxytocine à la demande de l'opérateur. J'attends que la patiente reprenne sa ventilation spontanée. Passage en sspi après reprise franche de la conscience. Surveillance une heure et retour en salle.

À l'époque, le terme maximal était 12 SA. Il était exceptionnel que ça se prolonge, et dans les rares cas où ça durait un peu plus longtemps, ventilation spontanée O2/N2O, ça suffisait dans la majorité des cas. Exceptionnellement réinjection de 20 mg de propofol.

Pour ceux qui se demandent pourquoi le sufentanil, l'injection était très précoce. L'agitation de l'installation évitait les apnées. Et énorme avantage, on obtenait une bonne analgésie en postopératoire, le temps que le paracétamol monte en puissance et prenne le relais.

À noter que la dose de propofol était plus souvent liée à l'heure de l'intervention : à 8 h du matin, 120 mg, et à 12 h 160 mg. L'inquiétude des patientes augmentant avec le temps d'attente... Mais on ne pouvait pas dire qu'elles étaient paniquée...

P.S. : c'était en CHU.
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Re: Induction solo

Message non lude xarelto » 29 Oct 2017, 13:28

Merci pour vos réponses, c utile de pouvoir échanger sur des sujets qui posent questione, surtout en tant que jeune DE . Je suis en clinique et les premières inductions seule me font travailler les surrénales ! !! :new_shocked:
IADEMENT VOTRE
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Re: Induction solo

Message non lude Yves Benisty » 29 Oct 2017, 14:40

xarelto a écrit:Je suis en clinique et les premières inductions seule me font travailler les surrénales !

Euh, je ne sais pas ce qu'en pensent les autres, mais si vous ne le sentez pas, n'y allez pas. Je préfère passer pour un con parce que j'ai refusé d'induire seul que passer pour un con parce que mon patient est mort.
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Re: Induction solo

Message non lude patleguen » 29 Oct 2017, 17:53

ça fait des années que je fais des inductions parfois sans anesthésiste en salle, c'est légal dans la mesure ou il a été vu en cpa, cf nouveau décret, et il n'y a pas plus de problèmes.

je pense que le salaire en clinique doit approcher les 3000 euros nets dans la plupart des sites
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Re: Induction solo

Message non lude Atropine deux » 29 Oct 2017, 18:19

Bonjour Xarelto, il est en effet habituel dans le secteur privé que les iade induisent seuls (avec l'Ibode). L'iade travaille en binôme avec un Mar avec chacun sa salle d'op.
L'Iade posséde les connaissances et la technique pour pratiquer des inductions seuls à la condition qu'un Mar puisse intervenir à tout moment.
Dans le privé donc, l'Iade est amené à induire des patients ( ASA 1 à 3-4).
La responsabilité de l'Iade est la même dans le privé que dans le public, c'est souvent le fonctionnement du bloc qui dicte la présence ou non du Mar et les habitudes personnelles des intéressés (Iade et Mar).
La formation des EIA est aussi importante et leurs donner de l'autonomie lors des stages de deuxième année est l'assurance de les voir "plus" à l'aise lors de la prise de fonction de leur premier poste, surtout dans le privé ou ils ne seront pas doublés.
Il n'est pas signe d'incompétence que de demander au Mar d'être présent pour ses premières inductions seules dans le privé, celui ci pouvant rester dans la salle en retrait et partir après intubation. Qu'il y ait de l'appréhension est normale, que tu sois terrorisé l'est pas du tout, donc à toi de demander un peu plus de présence le temps de trouver tes marques.
Je travaille comme cela depuis de très nombreuses années et forme des étudiants dans le but de les rendre autonomes en anesthésie.
Pour ce qui concerne les rémunérations, il n'y a pas de "bonus" parce que tu induits seul. les rémunérations du privé sont variables en fonction de la localisation géographique en France et de la politique des Mar employeurs des Iade.
Je te renvoie au forum de Laryngo sur ce sujet : http://www.laryngo.com/forum/viewtopic.php?f=1&t=8376&p=81195#p81195
Sinon je rejoins les déclarations de Bruno et Yves, chacun exprimant son expérience et son vécu.
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Re: Induction solo

Message non lude xarelto » 30 Oct 2017, 13:51

Lire vos expériences me confortent dans le sens où non ça ne me dérange pas d'induire seule, sachant que le MAR peut intervenir rapidement, mais oui, en tant que nouvelle diplômée il y a quelques appréhensions à se retrouver face au patient lors de cette phase importante de l'anesthésie.
Merci :cheers
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Re: Induction solo

Message non lude Yves Benisty » 01 Nov 2017, 14:41

Bonjour,

La grande difficulté dans ce genre de situation est de dire « je ne le sens pas, je préfère être à deux pour induire ». Il faut se dire que ça n'est pas de l'appréhension, mais de la conscience : celui qui est inconscient du danger n'a pas d'appréhension, mais est-ce une bonne chose ?

Bien entendu, c'est valable à d'autres moments de l'anesthésie : doute sur la conduite de l'anesthésie, sur le remplissage, sur la nécessité d'une transfusion, sur la survenue d'une complication, et à l'extubation.
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Re: Induction solo

Message non lude tiboy76 » 01 Nov 2017, 16:18

La question à poser, c'est comment vous apprend-t'on à travailler aujourd'hui ? A force de ne travailler qu'à 4 mains, on n'est plus capable d'appréhender une situation en solo sans se faire un ulcère de stress... et c'est aussi valable pour les jeunes médecins... Combien de jeunes remplaçants ai-je vu défiler, prêt à se faire dessus parce que prenant seul en charge leur salle et leur programme et éventuellement "chapeautant" l'IADE de la salle d'à côté ?

Maintenant, travailler dans le privé n'est peut-être pas non plus le meilleur plan quand on est jeune DE, formaté à travailler "façon public" et sans grande expérience...
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Re: Induction solo

Message non lude Yves Benisty » 01 Nov 2017, 16:53

tiboy76 a écrit:La question à poser, c'est comment vous apprend-t'on à travailler aujourd'hui ? A force de ne travailler qu'à 4 mains, on n'est plus capable d'appréhender une situation en solo sans se faire un ulcère de stress...

Peut-être me gourre-je, mais je sens une pointe de mépris... Je ne vois pas le problème à travailler à quatre mains (et accessoirement deux cerveaux).

Posons-nous la question : quelles sont les complications susceptibles de survenir lors d'une anesthésie (et pas seulement d'une induction) ? Saurons-nous toujours y faire face seul ?

Pour revenir au point de départ, au-delà de l'induction solo, il faut se poser d'autres questions tout aussi importantes :

-y a-t-il autant, plus, moins de personnes qualifiées en anesthésie (mar ou iade) que de salle ?

-y a-t-il moyen d'appeler à l'aide de façon simple et sûre ?

-disposons-nous du matériel nécessaire ?
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Re: Induction solo

Message non lude tiboy76 » 01 Nov 2017, 18:12

Mépris, non... une pointe d'exaspération, peut-être.
Quelle belle profession que la nôtre, capable de revendiquer un niveau Master 2, une autonomie d'exercice, un travail basé sur une "stratégie" établie par un MAR et non plus une prescription, qui bénéficie d'un décret le rendant légalement capable de travailler seul (après qu'un MAR ait établi cette fameuse stratégie et soit disponible immédiatement, blabla...) et qui, tel un petit enfant, a encore besoin qu'on lui tienne la main... N'y a t'il pas comme une schizophrénie ambiante ?
S'il y a bien un endroit où on vous propose de travailler tel que le prévoit le décret, c'est bien dans le privé. Personne ne viendra vous y tenir la main, ce qui ne veut pas dire que si vous rencontrez un problème personne ne viendra vous aider, mais vous y êtes considéré comme "majeur" et compétent.
Si vous ressentez le besoin qu'un MAR vienne modifier votre Vt de 25 ml (parce que ça changera totalement la face de votre anesthésie) ou vous dire "que lui injecterait 5 gamma de moins de SUF" (ça aussi, ça changera totalement le post-op de votre patient...), bah faut rester au CHU... Au moins ça permet à nos chers docteurs de justifier leur présence dans les couloirs du bloc...
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Re: Induction solo

Message non lude tiboy76 » 01 Nov 2017, 18:19

Yves Benisty a écrit:
Posons-nous la question : quelles sont les complications susceptibles de survenir lors d'une anesthésie (et pas seulement d'une induction) ? Saurons-nous toujours y faire face seul ?
Jusqu'à preuve du contraire, on n'est jamais seul dans un bloc. Le médecin doit être disponible à tout moment... Pour le reste, en attendant qu'il soit là, il me semble qu'on a une formation...

Pour revenir au point de départ, au-delà de l'induction solo, il faut se poser d'autres questions tout aussi importantes :

-y a-t-il autant, plus, moins de personnes qualifiées en anesthésie (mar ou iade) que de salle ?
Je ne vois pas trop le sens de la question... Si tu n'as pas d'anesthésiste à mettre dans une salle, le problème est... bah, il n'y a pas de problème en fait, non ?

-y a-t-il moyen d'appeler à l'aide de façon simple et sûre ?
Ça me semble être le B.A BA

-disposons-nous du matériel nécessaire ?
cf check-list, non ?
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Re: Induction solo

Message non lude Yves Benisty » 01 Nov 2017, 18:58

En premier point, ça me fait très plaisir de travailler en autonomie en mettant à profit tout ce que j'ai appris. Mais le premier problème qui se pose, c'est l'église au milieu du village : le patient. Si je peux travailler de façon autonome et qu'en le faisant je considère que le patient est en sécurité, c'est avec plaisir. Si j'ai le moindre doute, je ne trouve pas ça dégradant de demander à ce que maman vienne me tenir la main, ma fierté va s'en remettre.
tiboy76 a écrit:Jusqu'à preuve du contraire, on n'est jamais seul dans un bloc. Le médecin doit être disponible à tout moment... Pour le reste, en attendant qu'il soit là, il me semble qu'on a une formation...

« Disponible à tout moment », ça peut vouloir dire qu'il est quelque part dans l'établissement et qu'il peut venir vous rejoindre... avec un délai de quelques minutes... voire plus.

Quant à la formation, en cas de soucis, il n'est pas rare qu'on ait beaucoup de choses à faire. Et que chaque minute qui s'écoule alors qu'on est seul soit très longue, et pas seulement pour moi, mais aussi pour le patient.
-y a-t-il autant, plus, moins de personnes qualifiées en anesthésie (mar ou iade) que de salle ?

tiboy76 a écrit:Je ne vois pas trop le sens de la question...

Eh bien je vais la préciser. J'ai des collègues qui ont travaillé dans des établissements où il y avait (par exemple) trois salles, et pour ces trois salles, il y avait un mar et un iade. Une à deux salles avec une AG et une à deux salles avec une ALR. Donc nécessairement une salle où le patient n'est pas sous la surveillance continue d'un mar ou d'un iade. En cas de soucis, si le patient en danger nécessitait la présence de deux personnes, c'est deux patients qui se surveillaient tout seul...

Autre situation un peu moins casse-gueule, trois salles, un mar et deux iade. En cas de soucis, si le patient a besoin de deux personnes, il y a un patient que l'on confie à une personne non qualifiée.

Et pour finir, la situation recommandée par les sociétés savantes, mais surtout par le bon sens : il y a dans le bloc opératoire une personne qualifiée en anesthésie de plus que le nombre de salles. Par exemple, pour cinq salles, deux mar et quatre iade.
-y a-t-il moyen d'appeler à l'aide de façon simple et sûre ?

tiboy76 a écrit:Ça me semble être le B.A BA

Par expérience, il ne faut jamais considérer que ce qui vous semble évident l'est pour tout le monde... À l'épreuve de la réalité, on a quelque fois des surprises. Par exemple, quand le médecin sensé être disponible à tout moment se lance dans une procédure qu'il ne peut pas interrompre à tout moment...
-disposons-nous du matériel nécessaire ?

Je peux préciser ma pensée. Il m'est arrivé d'intervenir en smur dans la clinique de la thune et du bonheur. Et d'être surpris par la situation que je découvrais :

-pas de pousse-seringue (« on ne s'en sert jamais ») ;

-aucun système permettant le remplissage rapide ;

-aucun moyen d'enregistrer un électrocardiogramme ;

-un défibrillateur pour tout l'établissement, et donc disponible avec un certain délai ;

-une équipe qui s'est lancée dans une intervention dont manifestement elle ne peut pas assurer le postopératoire en toute sécurité (et donc le transfert du patient à la fin de l'intervention est d'emblée considéré comme la solution, mais n'a pas été anticipé) ;

-une équipe qui s'est lancée dans une intervention complexe ou pour un patient fragile mais qui ne dispose pas du matériel pour « équiper course » le patient (cathéter central, pression artérielle invasive, remplissage rapide, ou autre).
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Re: Induction solo

Message non lude Yves Benisty » 01 Nov 2017, 19:06

tiboy76 a écrit:S'il y a bien un endroit où on vous propose de travailler tel que le prévoit le décret, c'est bien dans le privé. [...] bah faut rester au CHU...

Juste un petit mot complémentaire... Il faut arrêter avec les caricatures privé public. Privé ou public, c'est un statut, et ça n'est pas toujours représentatif, loin de là, de l'organisation du bloc opératoire. J'ai très peu d'expérience dans le privé, mais dans le public, je peux vous dire que l'on peut y vivre des situations rocambolesques. Et dans le privé, j'ai aussi des souvenirs de mar passant dans ma salle et modifiant le réglage du Vt de 20 mL...
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Re: Induction solo

Message non lude tiboy76 » 01 Nov 2017, 20:26

Yves Benisty a écrit:En premier point, ça me fait très plaisir de travailler en autonomie en mettant à profit tout ce que j'ai appris. Mais le premier problème qui se pose, c'est l'église au milieu du village : le patient. Si je peux travailler de façon autonome et qu'en le faisant je considère que le patient est en sécurité, c'est avec plaisir. Si j'ai le moindre doute, je ne trouve pas ça dégradant de demander à ce que maman vienne me tenir la main, ma fierté va s'en remettre.


Même si j'ai utilisé un ton volontairement un peu provoquant, je n'ai jamais affirmé le contraire. Reste à savoir où on met le curseur de la sécurité... si à chaque induction, on ressent le besoin d'être "assuré", c'est probablement qu'il y a un problème.

Yves Benisty a écrit:
tiboy76 a écrit:Jusqu'à preuve du contraire, on n'est jamais seul dans un bloc. Le médecin doit être disponible à tout moment... Pour le reste, en attendant qu'il soit là, il me semble qu'on a une formation...

« Disponible à tout moment », ça peut vouloir dire qu'il est quelque part dans l'établissement et qu'il peut venir vous rejoindre... avec un délai de quelques minutes... voire plus.

Quant à la formation, en cas de soucis, il n'est pas rare qu'on ait beaucoup de choses à faire. Et que chaque minute qui s'écoule alors qu'on est seul soit très longue, et pas seulement pour moi, mais aussi pour le patient.


C'est vrai, mais: on est et on reste dans le cadre réglementaire et des recommandations. Les situations deviennent "catastrophiques" à cause d'un défaut d'anticipation et de raisonnement approprié. Et enfin, il existe de moins en moins d'endroit où on ne trouve qu'un seul IADE et un seul MAR dans une structure... donc que votre MAR référent soit hors de votre salle ne signifie pas que vous êtes seul au monde (autre MAR ou IADE dans les salles voisines). De plus, vous disposez d'un personnel ressource dans votre salle (IDE et chir)...

-y a-t-il autant, plus, moins de personnes qualifiées en anesthésie (mar ou iade) que de salle ?

tiboy76 a écrit:Je ne vois pas trop le sens de la question...

Eh bien je vais la préciser. J'ai des collègues qui ont travaillé dans des établissements où il y avait (par exemple) trois salles, et pour ces trois salles, il y avait un mar et un iade. Une à deux salles avec une AG et une à deux salles avec une ALR. Donc nécessairement une salle où le patient n'est pas sous la surveillance continue d'un mar ou d'un iade. En cas de soucis, si le patient en danger nécessitait la présence de deux personnes, c'est deux patients qui se surveillaient tout seul...

Autre situation un peu moins casse-gueule, trois salles, un mar et deux iade. En cas de soucis, si le patient a besoin de deux personnes, il y a un patient que l'on confie à une personne non qualifiée.

Et pour finir, la situation recommandée par les sociétés savantes, mais surtout par le bon sens : il y a dans le bloc opératoire une personne qualifiée en anesthésie de plus que le nombre de salles. Par exemple, pour cinq salles, deux mar et quatre iade.


Là effectivement, on peut discuter. Ce sont des situations fréquemment rencontrées. Que ce soit parce que le MAR fait une ALR à son prochain patient quand le précédent est encore en salle, ou que pour pallier les temps d'attente entre 2 patients tu sois amené à endormir son patient suivant dans une salle pendant que le chir en est à la peau dans autre salle avec un autre patient. D'abord cela implique que les anesthésies qui se terminent n'ont posé aucun problème, que quelqu'un soit disponible pour intervenir si besoin (donc qu'il ne soit pas en train d'induire ou de réveiller), que les alarmes en salle soit assez "serrées". Ce n'est pas la panacée, j'en conviens, mais toi quand tu as un problème dans ta salle et que quelqu'un vient t'aider, cette personne qui vient te donner un coup de main a de la même façon "lâché" son patient. Quant à avoir un personnel supplémentaire qui se tournerait les pouces en attendant le moment hypothétique où une urgence surviendrait.... j'aimerai bien voir les recommandations en ce sens et comment on peut les justifier au regard des restrictions budgétaires et de la démographies des personnels. Utopie...

-y a-t-il moyen d'appeler à l'aide de façon simple et sûre ?

tiboy76 a écrit:Ça me semble être le B.A BA

Par expérience, il ne faut jamais considérer que ce qui vous semble évident l'est pour tout le monde... À l'épreuve de la réalité, on a quelque fois des surprises. Par exemple, quand le médecin sensé être disponible à tout moment se lance dans une procédure qu'il ne peut pas interrompre à tout moment...


J'en reviens à ma remarque ci-dessus: Les structures ne comptant qu'un seul MAR et un seul IADE sur place ne sont plus la règle... Donc si ton MAR n'est pas disponible, il y a des chances qu'un autre le soit.

-disposons-nous du matériel nécessaire ?

Je peux préciser ma pensée. Il m'est arrivé d'intervenir en smur dans la clinique de la thune et du bonheur. Et d'être surpris par la situation que je découvrais :

-pas de pousse-seringue (« on ne s'en sert jamais ») ;

-aucun système permettant le remplissage rapide ;

-aucun moyen d'enregistrer un électrocardiogramme ;

-un défibrillateur pour tout l'établissement, et donc disponible avec un certain délai ;

-une équipe qui s'est lancée dans une intervention dont manifestement elle ne peut pas assurer le postopératoire en toute sécurité (et donc le transfert du patient à la fin de l'intervention est d'emblée considéré comme la solution, mais n'a pas été anticipé) ;

-une équipe qui s'est lancée dans une intervention complexe ou pour un patient fragile mais qui ne dispose pas du matériel pour « équiper course » le patient (cathéter central, pression artérielle invasive, remplissage rapide, ou autre).
[/quote]

La clinique de la thune et du bonheur... on n'est pas dans la caricature, là ? Je sais qu'on rencontre encore ce genre d'établissement, mais c'est de moins en moins vrai avec les regroupement de cliniques et rachat par les grands groupes privés...Le matériel est de plus en plus pointu et présent en nombre parce que c'est un bon critère pour appâter les jeunes MAR... donc pas le choix.
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Re: Induction solo

Message non lude Yves Benisty » 01 Nov 2017, 21:02

tiboy76 a écrit:[...] tu sois amené à endormir son patient suivant dans une salle pendant que le chir en est à la peau dans autre salle avec un autre patient. D'abord cela implique que les anesthésies qui se terminent n'ont posé aucun problème, que quelqu'un soit disponible pour intervenir si besoin (donc qu'il ne soit pas en train d'induire ou de réveiller), que les alarmes en salle soit assez "serrées".

Vous parliez de curseur, eh bien là, c'est une situation dans laquelle je refuse d'être : celle où un patient anesthésié est surveillé par quelqu'un d'autre qu'un mar ou un iade. Et je trouve très surprenant que l'ibode de la salle accepte ce type de fonctionnement.
tiboy76 a écrit:Quant à avoir un personnel supplémentaire qui se tournerait les pouces en attendant le moment hypothétique où une urgence surviendrait...

Puisqu'on regroupe les structures, imaginons un bloc avec six salles, deux mar et cinq iade. Ça ne fait qu'un iade de plus que le nombre de salles, et je doute qu'il soit en train de se tourner les pouces. Je le vois plutôt courir de salle en salle, préparer, endormir, réveiller, raccompagner en sspi, aider à installer en salle...
tiboy76 a écrit:La clinique de la thune et du bonheur... on n'est pas dans la caricature, là ?

Chacun son tour ;-)
tiboy76 a écrit:Je sais qu'on rencontre encore ce genre d'établissement, mais c'est de moins en moins vrai avec les regroupement de cliniques et rachat par les grands groupes privés...Le matériel est de plus en plus pointu et présent en nombre parce que c'est un bon critère pour appâter les jeunes MAR... donc pas le choix.

C'est vrai, c'est de plus en plus rare. Mais ça existe, j'en ai rencontré. Et encore une fois, je connais des établissements privés où j'irais me faire opérer en toute sérénité, et des établissements publics où je serais moins rassuré.

Pour le vivre en smur, on se rend compte que quand ça part en c..., les moindres défauts avec lesquels on compose tous les jours deviennent vite problématiques. Un patient qui va mal en sspi au milieu des autres, dont on ne peut pas faire le tour, des accès qui obligent à faire des acrobaties avec les brancards, du matériel qui encombre les couloirs, la voiture du chirurgien garée devant l'accès de l'établissement...

Pourtant, tous les jours, ça ne pose pas de problème. L'établissement fait principalement de la chirurgie ambulatoire, les patients arrivent à pied (pas besoin de brancard), le matériel est suffisant, tout se passe bien, tout le monde coopère pour que ça avance, il y a une bonne ambiance...
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Message non lude imogene » 01 Nov 2017, 22:05

Hello,
alors comme je suis un peu Toutânkhamon, j'ai pratiqué des inductions seule à une autre époque et c'était extrêmement grisant surtout qu'un MAR pouvait "intervenir à tout moment".
Cela s'est toujours très bien passé. Seulement voilà...depuis les MAR ne veulent plus induire seuls eux-mêmes donc je me suis adaptée. En CHU c'est encore pire, on ne peut même plus avec certains extuber sans permission...
DONC si tu ne le sens pas, ne prends pas de risques inutiles que les MAR ne prennent plus.
En cas de pépins le juge se met ...à la place ..de l'absent
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Message non lude Sevodam » 02 Nov 2017, 11:43

Salut a tous.
IADE depuis 1 an, j'ai commencé en clinique. Inductions "seul" depuis ma prise de poste ("seul" mais comme dit précédemment, 1 ou 2 penseuses en salle avec moi), un MAR ou un collègue IADE toujours a portée de tél ou d'alarme (scopes tous reliés entre eux), et au moindre doute ou a la moindre question le MAR y repond sans soucis.
Je ne me suis jamais senti en insécurité sur mes inductions.
De plus, et en discutant avec mes collègues diplômés en même temps que moi, je n'ai pas cette espèce de frustration de "a quoi ça sert de nous apprendre les doses d'induction si on peut pas le faire a l'hôpital".
Après je suis et je reste IADE, je ne prend pas de risques inutiles non plus. Je fais juste mon boulot comme on me l'a appris, sans qu'il y ai un relou qui passe derrière moi pour me dire quoi faire et comme le faire (ça arrive avec certains vacataires MAR mais ils sont vite remis à leur place... aussi par nos MAR fixes).
Voilà pour ma courte expérience.

IADEment
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