Peut-on reprendre les études d'IADE après 40 ans ?

Vous préparez ce satané concours d'entrée, vous avez besoin d'aide, de conseils, ou d'avis ? Venez poser vos questions ici....

Modérateur: Marc

Re: Peut-on reprendre les études d'IADE après 40 ans ?

Message non lude clarounette » 28 Mai 2012, 08:33

Je réitère ma question; est-ce que vous pensez qu'il est possible d'aller en réa après 2 ans de médecine où l'on fait pas mal d'actes techniques certes, mais pas de réa !! Nous faisons des transfusions, des ponctions d'ascite, un peu de SAP, des GDS, alimentation parentérales et entérales, snog, CIP, etc
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Re: Peut-on reprendre les études d'IADE après 40 ans ?

Message non lude fp1954 » 28 Mai 2012, 09:06

Bonjour

Je suis né en 1954 et j'ai entamé mes études d'IADE à 40 ans.
(Plus tard, je présenterais le concours de Directeur d'hôpitaux et celui de la préparation à l'ENA.)

Qu'en reste-t-il, doit-on, ou peut-on le faire ?

Je crois que oui, l'âge n'a rien à voir avec tout cela.
Mais il te faudra sans doute beaucoup de volonté et même de courage.

A 40 ans, on a des charges souvent bien plus importantes qu'à 20 ou 30. Notamment des enfants plus grands, qu'il faut suivre régulièrement car ils sont en classes et doivent recevoir l'appui des parents.

Financièrement, hormis ceux qui avaient la chance d'être financés par un hôpital, il y avait les autres, moi par exemple. J'ai du emprunter, à l'époque, 50 000 francs en banque. Je savais qu'il faudrait les rembourser et que ce serait dur. Et puis, il y eut ce geste collectif de mes amis auquel je veux rendre hommage dans ces lignes. Par deux fois, ils m'envoyèrent, sans rien me demander en retour, 9000 francs pour alléger notre budget, très serré. Incroyable cet élément de solidarité, je ne m'y attendais pas.

Pendant deux ans, nous n'avons rien acheté, ni vêtements, ni gadgets, ni rien que le nécessaire vital. Pas de viande à tous les repas, je cultivais dans mon jardin, lorsque je rentrais le week end un maximum de légumes que nous utilisions au fils des repas. Noël pour les enfants se résuma à de maigres cadeaux, rien pour nous.

D'autre part, Montpellier ou je faisais ces études étaient à 140 km de mon domicile. Je devais donc, chaque semaine, faire l'aller et retour en moto ce qui compliquait les choses.

Je ne vais pas tout te raconter, mais sache que j'en garde un cruel souvenir.

Au niveau familial d'abord, mon absence a pesé sur ma famille. Ce fut un véritable poids car deux filles en pré adolescence ce n'est pas rien à gérer et j'admire encore le stoïcisme de ma femme. Parfois, je devais faire un aller et retour dans la nuit pour aider ma femme à remettre de l'ordre dans nos relations avec nos enfants.

Je te disais avoir ensuite poursuivit des études en prép ENA mais la, j'ai jeté l'éponge. Nous étions en pleine adolescence de nos enfants et les conflits dépassaient souvent la volonté pourtant infaillible de ma femme. Durant ces neuf mois j'ai fait 80 voyages en train, 24000 kms... Quittant les cours lorsqu'un message me prévenait d'une situation in déblocable à la maison.

Pourtant nous avons traversé ses périodes, je ne sais trop encore comment... Nous ne nous sommes pas séparés, ma femme et moi et c'est une anomalie. Je ne veux pas te choquer, mais sache qu'environ 70 % des couples ne résistent pas à de longues études de l'un des protagonistes. C'est un fait avéré, considéré comme "presque" normal notamment dans les prépas. Plusieurs raisons à cela, la séparation, même momentanée n'est pas une bonne chose, elle ouvre la voie à d'autres rencontres. De plus, le niveau général des deux parents tend alors à s'éloigner. L'un est dans un monde difficile, le quotidien, l'autre est en devenir, la tête pleine de choses nouvelles. Cette situation n'est pas tenable et pourtant, notamment pour mes études d'infirmiers anesthésistes, nous avons tenu. Si j'avais continué le concours de l'école de Rennes, alors, inévitablement nous nous serions séparés. J'en suis certain et, lorsque nous en reparlons, nous sommes, ma femme et moi, d'accord sur ce point.

De tout cela, je garde une notion claire et nette : l'enfer.

Sans "fortune" personnelle, sans "héritage" en vue, muni uniquement de mon diplôme d'infirmier d’État, de mon salaire de l'époque, je crois bien que nous avons frisé la catastrophe.

Seulement voilà, nous étions "solides", nous étions connu à 17 ans et ce jour, alors que j'ai 58 ans, nous sommes toujours ensemble et formons une famille très unie. Nos filles ont toutes deux, comme on dit : réussit dans la vie et nous menons une vie normale.

Alors que te dire ?

Oui, tout cela a valu le coup, envers et contre tout. Mais il nous a fallu surmonter mille difficultés pour y arriver.
Ce qui nous a "sauvé" c'est notre force, à elle comme à moi, ce que nous avions bâti, des fondations en béton armé, notre calme, notre persévérance, notre volonté d'aller plus loin.

Au niveau de l'école d'IADE, je peux dire n'avoir eu ni appui ni aide. Notre situation personnelle ne les intéressait pas. Pas du tout. D'ailleurs, je n'en ai jamais parlé. Ceux qui l'ont fait ce sont vus mettre devant deux échéances, continuer ou arrêter... La psychologie, tout cela, ils s'en foutaient complètement. Et puis je n'aime pas m'épancher et si je le fais ici, c'est uniquement pour que nous puissions, toi et moi, dialoguer en secret, caché derrière un pseudo, anonymement.

Vous avez une chance vous les jeunes de 40 ans c'est que vos études sont financées. C'est un point fondamental pour l'équilibre des couples, que ce soient hommes femmes, hommes hommes (j'en ai connu) ou même femmes femme (j'en ai connu aussi.) L'argent est la pierre d'achoppement lorsqu'on prend la décision de faire de telles études sur le tard. Ensuite, il y à le reste, ce que je viens de te décrire. Tu pourras le transposer à ta propre vie et je l'espère cimenter ton opinion.

Les conditions dans lesquelles nous avons, tous deux, je dirais tous quatre avec mes filles, vécus ces études sont, selon moi les pires qui soient.

Et si c'était à refaire ? Et bien je le ferais à nouveau. Sans tout cela, je n'aurai pas connu ce que je connu plus tard. Un superbe métier, des responsabilités, une fatigue bien moindre que lorsque j'étais infirmier. Ce métier, je l'adore, simplement, j'ai dû faire l'impossible pour y arriver.

Et les autres, ceux de ma promo ? Je te parlerais juste d'une jeune femme, black de son état. Elle venait de Guadeloupe et a du abandonner, mais pas toute à fait, je vais te raconter. Elle avait à charge une jeune fille handicapée qui vivait dans un institut situé à Toulouse. Elle, elle faisait le trajet, souvent entre Montpellier et Toulouse, s'épuisait en trains, en gares, elle a raté son concours de deuxième année, mais elle l'a repassé avec succès l'année suivante.
je te parlerais aussi de cet homme, ostréiculteur à côté de Montpellier. Leur couple n'a pas résisté à la pression, toute à fait réelle, de nos études.
Ils se sont séparés.

Mais l'impossible n'a pas de sens. Le terme même ne demande qu'à être balayé, avec d'autres mots, comme : volonté, courage, lutte, et acharnement.

Ne nous voilons pas la face.
C'est dur ces études, mais c'est possible. une montagne à grimper pour des gens comme nous, désargentés et éloignés de tout, mais atteindre ce somment est d'une jouissance infinie.

Bonne chance à toi. Je te donne mon mail : tu remplaceras le arobase par le signe bien connu car je n'ai aucune envie que l'on se serve de mon adresse internet pour me bombarder de pubs : fp1954arobasesfr.fr
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Re: Peut-on reprendre les études d'IADE après 40 ans ?

Message non lude fp1954 » 28 Mai 2012, 09:15

Clarounette mais bien sur que l'on peut, bien sur qu'il faut le faire !
Mon parcours :
IDE en médecine en Suisse
IDE à domicile
IDE dans le tiers monde
IDE en médecine mais ce coup ci en France
IDE en service d'urgence
IDE en bloc opératoire
Puis IDE en réa
Puis Etudes d'Iade
Puis, puis, puis mais arrêtons la ! cela suffit.

Et je ne suis pas, loin de la une exception, des quantités d'IDE ont suivit de tels parcours car notre vie professionnelle est formidablement riche.

Tout est possible, ai confiance en toi et le monde te sera ouvert dans notre métier si polyvalent et si prenant !

Courage ! que diable, fonce, tu vas découvrir, de postes en postes, des choses nouvelles qui te feront avancer qui te donneront le gout encore et encore de découvrir d'autres porte à ouvrir
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Re: Peut-on reprendre les études d'IADE après 40 ans ?

Message non lude Argali » 04 Juin 2012, 00:34

nonoom a écrit:bjr,je pense que oui,moi après avoir été ASH puis AS,et IDE depuis 1998,je viens de faire pour compléter mon parcours 9 ans en psy(admission et UMD)j'ai beaucoup bosser et fait une prépa et bien je rentre à bordeaux en octobre,je sais que il y aura des difficultées et des moments durs mais j'y crois,maturité,travail++++

Mais non.... On sera soudé..on saidera!!!a très vite JL(si c'est bien toi...^^)..et félicitations!!.!
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