[Cas clinique] Endoscopie - IADE

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[Cas clinique] Endoscopie - IADE

Message non lude Maxime » 12 Avr 2010, 09:48

Hypercapnie majeure compliquant une colonoscopie sous sédation

A. Thevenina, A. Berthiera and M. Fischler, a,

a Service d’anesthésie, hôpital Foch, 40, rue Worth, 92150 Suresnes, France

Mots clés: Hypercapnie sévère; Sédation; Évènement indésirable



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Conflit d’intérêt
References

Le nombre d’endoscopies digestives nécessitant une sédation ou une anesthésie générale est en croissance constante dans les pays occidentaux. Il a augmenté de 15 % entre 1999 et 2006 en France comme l’a montré l’enquête « deux jours d’endoscopie en France » (http://www.sfed.org/documents_sfed/file ... D_No36.pdf). L’implication obligatoire des médecins anesthésistes-réanimateurs a été et continue de faire l’objet de débats : disponibilité, possibilité d’un transfert de compétence, arguments médicojuridiques et économiques. Nous rapportons ici le cas d’un patient ayant présenté une hypercapnie sévère compliquant une colonoscopie sous sédation pratiquée par une équipe d’anesthésie.

Un patient âgé de 80 ans, pesant 68 kg, devait bénéficier d’une colonoscopie de dépistage. Il présentait comme antécédents principaux une hypertension traitée équilibrée et une bronchopneumonie chronique obstructive, suite à un tabagisme sevré à 45 paquets-années. Il avait subi une endoscopie laryngée sous anesthésie générale trois mois plus tôt sans évènement notable. L’examen clinique respiratoire était sans particularité. La colonoscopie était réalisée après la mise en place d’un monitorage standard (pression artérielle non invasive, saturation transcutanée en oxygène, scope) et de l’oxygène nasal était administré à 4 l/min à titre systématique. L’anesthésie était sous la responsabilité d’un médecin anesthésiste supervisant deux salles d’examen, avec un infirmier anesthésiste dans chacune des salles. Au cours de l’anesthésie, la saturation en oxygène n’a pas été inférieure à 98 %, tandis que la pression artérielle et la fréquence cardiaque variaient de moins de 10 % par rapport aux valeurs mesurées avant l’induction. La fréquence respiratoire restait autour de 10 c/min. Au cours des 45 minutes de procédure, 280 mg de propofol ont été administrés. Lors du réveil, le patient restait peu réactif, justifiant l’analyse des gaz du sang artériel (Tableau 1). Le patient était alors intubé et ventilé mécaniquement pendant deux heures, la radiographie thoracique ne retrouvait ni pneumothorax ni atélectasie. Le retour à domicile était possible deux jours après la colonoscopie, sans séquelle.

Tableau 1.
Gaz du sang artériel.

Type de ventilation VS / 1H de Ventil. Mecan. / J+1 VS
--------------------------------------------------------------------------------
PaO2 (mmHg) 98 / 287 / 70
--------------------------------------------------------------------------------
PaCO2 (mmHg) 168 / 52 / 57
--------------------------------------------------------------------------------
pH 6.98 / 7.37 / 7.35
--------------------------------------------------------------------------------
HCO3− (mmol/l) 37.5 / 29.9 / 30.9
--------------------------------------------------------------------------------
SpO2 (%) 98 / 98 / 95
--------------------------------------------------------------------------------

Fin de la procédure
Ventilation spontanée O2 nasal : 4 l/min '(98 168 6,98 37,5 98 )


Après 1 heure de ventilation mécanique
Ventilation mécanique FiO2 : 80 %
Volume courant : 580 ml
Fréquence respiratoire : 17 c/min (287 52 7,37 29,9 98 )


j1 post-procédure
Ventilation spontanée O2 nasal : 1 l/min (70 57 7,35 30,9 95)


Le transfert de compétence aux non-anesthésistes a été [1] et continue d’être discuté [2]. Le transfert de charges vers des infirmiers formés est évoqué dans le « Rapport Berland » (http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/berla ... omplet.pdf) à l’image d’expériences américaine et britannique. Il repose sur le caractère rapidement réversible du propofol, le monitorage de la SpO2 et l’apport systématique d’oxygène. Notre observation montre que ces trois éléments n’éliminent pas tout risque respiratoire. La diminution de la réponse aiguë à l’hypoxie est connue, y compris après de faibles doses de propofol [3]. Les désaturations en oxygène observées en pratique sont habituellement réversibles après stimulation et administration d’oxygène nasal. Cependant, une série de plus de 9000 patients a retrouvé 40 cas de nécessité de ventilation assistée, neuf intubations endotrachéales et 28 surveillances prolongées après la procédure. Quatre patients sont décédés, la sédation ayant été en cause dans trois cas [4].

Conflit d’intérêt
Aucun.

References

[1] A. Lienhart, P. Carli, J. Marty and J.L. Pourriat, Endoscopie digestive : qui fera quoi ?, Ann Fr Anesth Reanim 21 (2002), pp. 343–346. Article | PDF (33 K) | View Record in Scopus | Cited By in Scopus (7)


[2] D. Sautereau, La sédation en endoscopie : qui fera quoi et comment ?, Gastroenterol Clin Biol 29 (2005), pp. 1087–1089. Abstract | PDF (74 K) | View Record in Scopus | Cited By in Scopus (1)


[3] D. Nieuwenhuijs, E. Sarton, L. Teppema and A. Dahan, Propofol for monitored anesthesia care: implications on hypoxic control of cardiorespiratory responses, Anesthesiology 92 (2000), pp. 46–54. Full Text via CrossRef | View Record in Scopus | Cited By in Scopus (33)


[4] T. Wehrmann and A. Riphaus, Sedation with propofol for interventional endoscopic procedures: a risk factor analysis, Scand J Gastroenterol 43 (2008), pp. 368–374. Full Text via CrossRef | View Record in Scopus | Cited By in Scopus (9)


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