Circuit perfusion amines en préhospitalier

Questions techniques, théoriques, le biomédical...

Modérateurs: Marc, Jemel

Circuit perfusion amines en préhospitalier

Message non lude bobbydu92 » 30 Déc 2017, 16:26

Salut,

comment organisez-vous l'administration d'amines en pré-hospitalier?
IVSE amine seul (et robinet proxi pour relais)
IVSE amine + IVSE sérum physiologique
+/- octopus pour plusieurs amines
+/- plusieurs VVP

Pas de limites sur une VVP?
Dans mon ancien service de réa on posait un KTC si adrénaline>1mg/h

Question histoire d'être au clair
et si il y a des recommandations, postez les!
Merci bien
Dernière édition par bobbydu92 le 30 Déc 2017, 19:58, édité 1 fois.
bobbydu92
 
Messages: 5
Inscription: 29 Juil 2016, 18:28
Année de diplôme IADE: 0

Re: Utilisation amines en préhospitalier

Message non lude DietBrain » 30 Déc 2017, 18:46

Bonjour,
Amines seul sur voie veineuse dédiée avec robinet et petit raccord.
Ce n'est clairement pas l'idéal mais dans les boites à sardines il n'y a pas toujours la place, le temps, l'hygiène ou la stabilité pour mieux.
DietBrain
 
Messages: 17
Inscription: 20 Déc 2017, 23:52
Année de diplôme IADE: 0
Poste occupé actuellement: IDE multitache

Re: Utilisation amines en préhospitalier

Message non lude bobbydu92 » 30 Déc 2017, 19:25

Des nouvelles recherches m'ont menées à cette thèse de doctorante en pharmacie forte intéressante et complète :

    Stéphanie Genay. Optimisation des montages de perfusion en anesthésie-réanimation : au
    travers d’expériences cliniques. Médecine humaine et pathologie. Université du Droit et de la
    Santé - Lille II, 2014. Français. ¡ NNT : 2014LIL2S060

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01225962/document

2ème partie : Utilisation de la Noradrénaline
Aux alentours de la page 107-108 de la thèse :
Le montage optimisé à débit fixe de SSI semble constituer la méthode optimale pour
l'administration de la NA dans le traitement d'urgence en termes de rapidité de réponse de la
PAM aux variations de débit. Ce montage, purgé grâce à la fonction de purge automatique du
PSE, assure une rapidité de prise en charge et l’absence de pic indésirable. Il conserve la
concentration de NA à 0,5 mg/mL actuellement utilisée dans la majorité des services
d’anesthésie-réanimation (évitant les sources d’erreurs dans les procédés de préparation des
seringues dans l’urgence) et il permet l'administration la plus précise de la dose de médicament
prescrite. La présence du prolongateur à faible volume résiduel optimise le temps pour obtenir
l'état d'équilibre après le démarrage de la perfusion, ainsi que la réponse aux changements de
débit. Le débit total est suffisamment élevé, grâce au chariot de SSI, pour ne pas causer
d'importants retards ou des interruptions dans l'administration du médicament, mais n’est pas
trop élevé non plus pour provoquer des changements de seringues trop fréquents
bobbydu92
 
Messages: 5
Inscription: 29 Juil 2016, 18:28
Année de diplôme IADE: 0

Re: Utilisation amines en préhospitalier

Message non lude bobbydu92 » 30 Déc 2017, 19:27

Le problème qui se pose avec ce montage c'est le relais des 2 seringues qui est à prévoir +/- utilisation d'une VAR valve anti retour au bout du prolongateur de l'amine en question
bobbydu92
 
Messages: 5
Inscription: 29 Juil 2016, 18:28
Année de diplôme IADE: 0

Re: Circuit perfusion amines en préhospitalier

Message non lude Bruno huet » 31 Déc 2017, 12:17

Bonjour
Chez nous, on utilise une pieuvre, seul possibilité d'avoir un débit constant qui ne soit pas tributaire du débit de perfusion et de la hauteur changeante du soluté en pré-hospitalier.
Avatar de l’utilisateur
Bruno huet
 
Messages: 904
Inscription: 27 Jan 2004, 00:27

Re: Circuit perfusion amines en préhospitalier

Message non lude Yves Benisty » 22 Jan 2018, 16:37

bobbydu92 a écrit:comment organisez-vous l'administration d'amines en pré-hospitalier ?

Bonjour,

L'administration d'amines en préhospitalier est bien souvent un compromis : on fait comme on peut, pas toujours en pensant que c'est la situation idéale, mais en considérant que si on ne donne pas les amines, ça sera pire.

En pratique, pour ma part, il y a deux situations différentes :

-je suis sûr que le patient va recevoir des amines, et dans ce cas j'ajoute un octopus ; je dispose donc de trois « voies » sur la même voie veineuse périphérique ; je garde une voie pour la base, le plus souvent un sérum salé à 0,9 %, une voie pour les amines (dobutamine et/ou noradrénaline le plus souvent) ou les médicaments vasocatifs (nicardipine, isosorbide dinitrate), et une voie réservée à la sédation éventuelle (midazolam et sufentanil le plus souvent) ; dès que je pense qu'il y aura deux médicaments sur une des voies de l'octopus, je place d'emblée un robinet à trois voies ;

-je ne suis pas sûr qu'il y aura des amines, et dans ce cas je n'ai pas anticipé l'octopus, et j'ajoute le nombre de robinets à trois voies nécessaires pour administrer les médicaments nécessaires (en gardant toujours le robinet le plus proche du patient pour faire d'éventuelles injections discontinues, par exemple un antibiotique).

Au total, il apparaît clair que je n'utilise pas assez l'octopus : il est bien plus simple de le placer d'emblée que de bricoler quand on ne l'a pas mis.
Yves Benisty
 
Messages: 1952
Inscription: 27 Mar 2004, 16:39
Localisation: ici

Re: Circuit perfusion amines en préhospitalier

Message non lude Yves Benisty » 22 Jan 2018, 17:25

Petit complément...

D'une façon générale, il faut éviter les petits débits. Plusieurs raisons à cela :

-les PSE sont plus précis aux débits élevés (cf. données constructeur, faire une recherche avec « courbes en trompette ») ;

-en cas d'oubli d'un robinet fermé, l'alarme de pression haute se déclenchera plus vite ;

-le flush accidentel (ne serait-ce qu'en plaçant la seringue dans le PSE) sera plus lourd de conséquences avec une concentration élevée ; avec un débit de 2 mL/h, flusher 0,5 mL revient à flusher la dose de 15 minutes ; à 5 mL/h, le même flush de 0,5 mL correspond à la dose de 6 minutes ;

-en Smur, il s'ajoute une contrainte, c'est le fait que la dose peut varier dans le temps ; par exemple, le patient est sous 1 mg/h de NAD à 12 h avec une seringue contenant 0,5 mg/mL, et donc un débit à 2 mL/h ; si à 12h15 on doit passer la dose à 0,5 mg/h, eh bien le débit ne sera plus que 1 mL/h, débit auquel les PSE sont peu fiables.

Je voudrais revenir sur le texte cité. Je suis d'accord, l'idéal est d'avoir la noradrénaline (NAD) délivrée avec un vecteur à débit fixe (et idéalement, ce débit est proche du débit du PSE de NAD). Le problème en Smur est que ça implique une pompe à débit contrôlé ou un PSE en plus, et que nos moyens ne sont pas illimités, et que chaque élément augmente la masse à déplacer, constitue un objet potentiellement dangereux en cas de décélération, et est source d'erreurs.

On peut s'amuser à faire des calculs pour se rendre compte des conséquences d'actes que nous faisons tous les jours. Prenons un patient qui reçoit de la NAD à 1 mg/h avec une concentration de 0,5 mg/mL et donc un débit de 2 mL/h. La seringue est branchée sur un prolongateur de tubulure de perfusion de 200 cm contenant 2 mL ; au-dessus de la NAD, il y a un vecteur, disons une base à 20 mL/h. La NAD se mélange avec le vecteur à raison de une part pour 10 (rapport des débits), et au bout d'une heure, le prolongateur contient une solution de NAD concentrée à 0,045 mg/mL. Je dois transporter mon patient et je ne peux pas prendre la pompe à débit contrôlé, je décide de tourner le robinet de la seringue de NAD de façon à ce qu'il n'y ait que la NAD qui passe. Le temps que la solution de NAD ait entièrement rempli le prolongateur, le patient reçoit 2 mL/h d'une solution à 0,045 mg/mL, soit environ 0,1 mg/h de NAD. En pratique, on peut considérer que le mélange devient uniforme dans le prolongateur de 2 mL et que la dose de NAD reçue par le patient va progressivement augmenter. Par exemple, au bout de 30 minutes dans cette situation, le prolongateur contient 1 mL de la solution délivrée par le PSE et 1 mL de la solution initiale (en réalité, le calcul est plus complexe, mais bon...), soit une solution de NAD à 0,27 mg/mL. Le patient reçoit donc de la NAD à 0,54 mg/h.

Quand on va rétablir la situation d'origine, c'est-à-dire qu'on va rebrancher la pompe à débit contrôlée au débit de 20 mL/h, le patient recevra la solution à 0,27 mg/mL mais au débit de 22 mL/h, soit au débit de presque 6 mg/h.

Ces deux effets, diminution et augmentation du débit de NAD lors de la suppression du vecteur, sont diminués par deux éléments :

-le débit du vecteur est proche du débit de la seringue de NAD ;

-le volume contenu entre l'arrivée de la NAD et le sang du patient est le plus faible possible.
Yves Benisty
 
Messages: 1952
Inscription: 27 Mar 2004, 16:39
Localisation: ici


Retourner vers Un problème particulier ?

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité